5 Février 2020
Ce soir je suis en colère, plus de 1000 hectares de forêts sont parties en fumée en quarante huit heures en ce début de Février en Corse du Sud. Un incendie qui s'est déclaré à 5h 30 du matin dans le massif de Bavella à pratiquement une heure de la mer.
J'ai choisi cette vidéo sans commentaires mais qui montre les conséquences du feu en bord de mer.Je veux saluer le courage des pompiers et surtout des pilotes de Canadair qui ce matin ont réussi à diminuer la violence de l'incendie que l'on voit de l'espace. Tout cela se fait au péril de leur propre vie on l'oublie trop souvent...
Ce massif sauvage qui domine la côte orientale de la Corse je l'ai parcouru dans ma jeunesse. dans un temps où l'on arrivait dans des hameaux de maisons de pierres par une piste poussièreuse. Ils étaient habités que par des écolos qui s'ignoraient totalement. Ils vivaient en complète autarcie. Pas d'électricité, c'est là que j'ai vu pour la première fois un éclairage au carbure.
De l'eau en abondance, une faune sauvage extraordinaire, on élevait des marcassins dans des petites grottes.De beaux jardins , des ruchers superbes, des torrents où les truites s'attrapaient à la main ou à la fourchette sous les galets du bord de ces torrents aux eaux limpides..
On dégustait en ces lieux un pain cuit au four de bois et de la charcuterie introuvable maintenant sans compter le fromage de montagne issus des troupeaux de chèvres.
Et puis on grimpait en transpirant beaucoup et en buvant du café glacé, dans les aiguilles mythiques de Bavella et on chassait le mouflon animal emblématique en Corse avant que sa chasse ne soit interdite.
Tout cela a disparu pas par le feu bien sûr, mais parce que plus personne n'accepterait de vivre et de travailler dans les conditions que j'évoque.
Tout cela pour dire que je ne crois guère aux imprécations des verts, on n'arrivera plus à faire en sorte que la planète soit propre et protégée.
Je me dis que j'ai eu la chance infinie d'avoir connu cette époque et ce massif de Bavella dans son état originel, et regretter que je ne reverrais plus comme je l'ai connu, même si je sais que la nature reprend toujours ses droits.
Bonne fin de semaine.
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